Recommandations sur les indications de l’assistance circulatoire dans le traitement des arrêts cardiaques réfractaires

Modifié le : 03/11/2014

Les progrès techniques et la simplification des systèmes d’assistance circulatoire permettent une utilisation plus facile et certaines séries monocentriques ont montré des résultats intéressants avec une survie sans séquelle neurologique de l’ordre de 20% à 30% lors d’utilisation intra hospitalière comportant des délais de mise en place courts et dans des populations très sélectionnées (arrêts circulatoires d’origine cardiaques ou toxique). Mais les résultats préliminaires de l’assistance circulatoire dans la prise en charge des arrêts circulatoires extra hospitaliers s’avèrent décevant avec moins de 1% de survie. 

Les risques de voir se développer une utilisation anarchique de techniques couteuses, de favoriser la survie de patients avec des séquelles neurologiques majeures ont amené logiquement, à la fois les médecins confrontés à la réanimation des arrêts circulatoires, et les autorités de santé à constituer un groupe de travail d’experts. Plusieurs sociétés savante françaises* sous l’égide de la Direction Générale de la Santé et  de la Direction  des Hôpitaux et de l’organisation des soins ont donc mandaté un groupe d’experts afin d’élaborer un texte de recommandations concernant le recours aux techniques d’assistance circulatoire, au cours des arrêts cardio-circulatoires extra hospitaliers.

Il faut saluer le travail du groupe d’expert qui a su pointer les enjeux et proposer un algorithme simple, basé sur plusieurs paramètres importants, bien que souvent difficilement quantifiables : la présence d’une intoxication, d’une hypothermie, de signes de vie pendant la réanimation cardio-pulmonaire, la durée de débit cardiaque nul avant la réanimation, la  durée de bas débit cardiaque pendant la réanimation, le rythme cardiaque, la concentration télé-expiratoire du CO2.  Le groupe d’expert souligne les limites de ces orientations qui évolueront certainement en fonction des progrès technologiques, et elles ne constituent à l’heure actuelle que des indications potentielles car l’assistance circulatoire dans l’arrêt cardiaque réfractaire reste une thérapeutique d’exception dont l’efficacité devra être évaluée grâce à des registres et des essais cliniques prospectifs.

Rappelons que le meilleur traitement des d’arrêts cardiaques, dont le nombre en France représente 10 fois plus que les décès par accidents de la route, reste la mise en route précoce des gestes qui sauvent et la défibrillation. Il faut à ce titre saluer l’excellente campagne grand public menée par la Fédération Française de Cardiologie, afin d’inciter la population à se former et qui permet de mobiliser les mairies, les départements et les régions autour de ces actions.

* : Conseil français de réanimation cardiopulmonaire, Société française d’anesthésie et de réanimation, Société française de cardiologie, Société française de chirurgie thoracique et cardiovasculaire, Société française de médecine d’urgence, Société française de pédiatrie—groupe francophone de réanimation et d’urgence pédiatrique, Société française de perfusion, Société de réanimation de langue française.

JN Trochu, JL Dubois -Randé

Fichier pdf de la recommandation:
ECMORCP.pdf

Actualités

Que font les patients en réadaptation cardiaque (RC) ?

Point de vue de Catherine Monpère (Ballan Miré). Source JESFC 2017

En savoir plus