Le mot du Président

Modifié le : 09/01/2019

Le mot du Président

Au terme de cette 1ère année de mandat, il est nécessaire de faire le point sur les travaux du bureau du GACI. Beaucoup de chantiers ont été engagés, certains sont sur le point d’aboutir d’autres sont plus laborieux.

Notre registre France PCI, malgré une conjoncture difficile, se déploie. La Normandie a rejoint le Centre. La région Auvergne Rhône Alpes va emboiter le pas. L’Occitanie est sur les rangs. De ce registre vont sortir des publications très intéressantes, en particulier sur la place de la thrombectomie dans la vie réelle. La route est encore longue mais la pugnacité du comité de pilotage de France PCI est le garant de  sa réussite.

Nous avons mené une enquête sur l’activité TAVI générée par les centres sans CEC. Elle a été diffusée à l’ensemble de la communauté. Elle a fait couler beaucoup d’encre et de salive… Elle souligne la grande disparité de l’offre, la difficulté pour les médecins de ces centres sans CEC à réaliser leurs procédures et pour leurs patients les plus âgés à se déplacer. Malgré une activité moyenne « lissée » sur le territoire qui devrait être absorbée aisément, la réalité du terrain est toute autre. Il y a plus de patients qui décèdent sur les listes d’attente que de patients qui sont sauvés d’éventuelles complications par la présence de la chirurgie cardiaque sur site. La prolongation de la durée d’attente est le facteur pronostique de mortalité le plus puissant. Néanmoins la situation du TAVI en France est compliquée et risque de devenir précaire : négociations tarifaires délicates entre l’état et les industriels, non reconnaissance de l’indication du TAVI dans le risque intermédiaire et irritation palpable des tutelles sur l’absence de remontée des données OMEDITs alors que le registre France TAVI peine par manque de moyens.

Un très gros chantier est en cours, initié par la DGOS sur la refonte des autorisations d’activité interventionnelle sous imagerie. Une nouvelle gradation des actes est mise sur pied avec 3 niveaux de compétence auxquels seront attachées des conditions d’environnement d’exigence croissante. Nous participons à ces discussions avec tous les groupes de travail, les tutelles, les syndicats hospitaliers… En principe, la finalisation de ces travaux devrait se faire en 2019 et nous ne manquerons pas de vous détailler leur avancement.

Comme vous avez pu le constater, nous vous avons tenté d’attirer votre attention  sur l’importance de l’engagement des cardiologues interventionnels dans la démarche de l’accréditation. Il s’agit d’une démarche qui vise à nous sensibiliser à la gestion et surtout à la prévention du risque que nous faisons encourir à nos patients lors de nos procédures interventionnelles. Il s’agit d’une démarche très développée et acceptée dans la culture anglo-saxonne. Cet engagement est simple et ne demande pas beaucoup d’efforts. Elle vaut pour DPC et elle peut se faire en équipe. Ainsi les plus motivés dans une équipe peuvent entrainer l’ensemble des praticiens du groupe ou du service. Il faut ne pas perdre de vue que si l’accréditation n’est pas obligatoire, elle va l’être de façon indirecte via les structures hospitalières à qui il sera demandé que les médecins qui pratiquent des spécialités à risque, le soient. Par ailleurs alors que la question de la certification des médecins se pose, il est quand même fort probable qu’il sera impossible dans un proche avenir d’échapper à cet engagement. Nous restons à votre disposition lors des prochains congrès, pour vous mettre le pied à l’étrier.

Deux enquêtes sont en cours et sont très attendues. Elles font l’objet de présentations par les membres du bureau. L’une concerne l’état de l’ambulatoire, priorité du gouvernement mais sous exploité en cardiologie. On en connait partiellement les raisons, dont l’une est bien sûr le frein économique qui a été abordé lors d’un précédent numéro. L’autre concerne la démographie. Elle a été menée conjointement par les 2 jeunes cardiologues du bureau, qui font un travail remarquable. Elle sera diffusée dès que l’ensemble des centres auront répondu. Nous sommes en voie de finalisation. Des résultats partiels déjà très significatifs ont été présentés au GRCI

Certains travaux sont plus obscurs mais sont néanmoins très importants.

Le Gaci, grâce au gros travail de Patrick Dupouy, de Jean Louis Georges et d’Olivier Bar, a finalisé le livret de radioprotection qui va être remis avant la fin de l’année à l’ASN. Il décrit les modalités de formation en radioprotection à laquelle nous devons répondre. Par ailleurs nous travaillons avec ces 3 collègues sur l’élaboration des modalités de contrôle des centres de cardiologie interventionnelle en terme de NRD. Patrick Dupouy vous fait un point par ailleurs.

Le Gaci , avec le groupe USIC a élaboré un « consensus paper » sur l’angioplastie à haut risque sous assistance. Ce consensus, très bien argumenté et étayé, devrait paraitre prochainement dans les Archives des Maladies du Cœur « pratique ».

Le Gaci est depuis quelques années sollicité pour donner son avis éclairé sur la création de nouveaux centres. Nous restons vigilants et nous jugeons sur 3 points (le besoin, la constitution de l’équipe et sa pérennité  et enfin l’impact sur les structures avoisinantes). La création d’un centre de cardiologie interventionnelle ne doit pas servir une cause « politique », une tentative de sauvetage d’un hôpital ou d’un service de cardiologie moribond. Une telle démarche est vouée à l’échec.

Pour conclure nous vous donnons rendez-vous aux prochaines Journées Nationales du GACI qui auront lieu le 4 et 5 Avril 2019 en collaboration avec le TUC et le GIHP. Les échanges seront riches et passionnants. Les Jeunes cardiologues interventionnels auront une place de choix dans ces rencontres. Un seul conseil, inscrivez-vous au GACI via le site de la SFC. Votre avis compte et il passe par un groupe fort.

Bonnes fêtes de fin d’année et meilleurs vœux pour 2019.

ADHEREZ ET REJOIGNEZ LE GACI, C’EST NOTRE INTERÊT A TOUS.

 

Philippe Commeau