Particularités de la maladie coronaire de la femme

Modifié le : 17/01/2015

Les progrès faits depuis 25 ans dans la prévention et la prise en charge de la maladie coronaire ont permis de diminuer de moitié la mortalité cardiovasculaire en France. Cette réduction de mortalité cardiovasculaire est cependant plus importante chez l’homme, les maladies cardiovasculaires restant la première cause de mortalité chez la femme.

Nous assistons même à une augmentation du nombre d’infarctus chez les femmes jeunes, liée aux modifications comportementales chez la femme (tabac, sédentarité, stress professionnel, alimentation déséquilibrée). La population féminine est sous représentée dans les études randomisées, et très peu de recommandations de sociétés savantes sont spécifiques à la femme. L’angor est moins souvent typique chez la femme, pouvant faire méconnaitre le diagnostic.

Comparées aux hommes, les femmes avec cardiopathie ischémique sont plus âgées, plus souvent diabétiques et hypertendues, avec plus souvent un antécédent d’insuffisance cardiaque. Elles ont moins souvent que les hommes accès aux explorations invasives ou non invasives et sont moins souvent revascularisées. La maladie coronaire de la femme se caractérise par une atteinte plus fréquente de la microcirculation, et par un diamètre coronaire plus petit que chez l’homme.

L’infarctus chez la femme se caractérise par un délai de prise en charge plus long, un accès plus faible à l’angioplastie et une comorbidité plus élevée, expliquant une mortalité plus élevée chez la femme que chez l’homme. Cet excès de mortalité disparaît en analyse multivariée dans la plupart des études. C’est également le cas après angioplastie ou pontage, avec des taux de mortalité après ajustement comparables entre l’homme et la femme.

Des états généraux ont été consacrés « aux femmes, ces grandes oubliées » à Lille en 2012, dans le cadre de la démarche vers un plan cœur initiée par la FFC et rassemblant 22 associations professionnelles et de patients. Les recommandations issues des états généraux sont reprises dans le livre blanc qui a été remis au Conseil Economique et Social le 17 octobre 2014. De nombreux directeurs d’ARS et décideurs à la DGS et DGOS ont manifesté leur intérêt à cette démarche.

La stratégie nationale proposée aux ARS est d’adapter la prévention cardiovasculaire à la population féminine en ciblant les périodes clés (contraception, grossesse et ménopause), améliorer l’information des femmes concernant les particularités de leurs symptômes cardiovasculaires, sensibiliser par la formation les professionnels de santé à la santé cardiovasculaire des femmes, mettre en œuvre des modes de prise en charge spécialisée et transversale dans chaque territoire ente filières gynécologique et cardiologique en lien avec le médecin généraliste, identifier les femmes à risque de maladies cardiovasculaires et leur proposer une prise en charge adaptée, développer des consultations pré-conceptionnelles chez les femmes à risque, intégrer les femmes dans la mise en œuvre des programmes de recherche clinique en santé cardiovasculaire.

 


C. Le Feuvre
Paris

Actualités

Syndrome coronaire aigu et accident vasculaire cérébral

Point de vue : Yves Cottin et Yannick Bejot (Dijon). Source Dossier de Presse JESFC 2018

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